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Photographie numérique

Eric Hourant

Je devais avoir huit ans quand j'ai reçu mon premier appareil photo : c'était un pocket instamatic de chez Kodak. C'était le genre de truc tout plastique dans lequel on clipsait une cassette contenant une bobine de film. Trois règlages étaient possibles : jour, soleil et nuit. Mes premières photos, je les ai faites dans un parc animalier que l'on visitait dans un vieux camion grillagé. J'ai consommé tout le film en prenant bien soin de placer le viseur dans les trous du grillage. Après le développement, j'ai constaté qu'une barre verticale opaque traversait toutes mes photos. C'est là que j'ai appris la signification du mot "réflex".

Mon premier appareil "réflex" je l'ai reçu pour mes seize ans. C'était un merveilleux Yashica avec des objectifs (à visser)  interchangeables.  Il était semi-automatique : je choisissais la vitesse d'obturation et, à l'aide de la molette du diaphragme, il fallait caller une aiguille entre deux repères dans le viseur pour sélectionner l'ouverture. Les premières images étaient toutes noires et les secondes complètement grillées. C'est là que j'ai appris le sens du terme "vitesse d'obturation".

Mon intérêt pour les avions militaires m'a permis de visiter des bases aériennes dans toute l'Europe et plusieurs de mes photos ont été publiées dans des revues aéronautiques. Ces dernières me servaient se "sésame" pour m'ouvrir les portes d'autres aérodromes. Ensuite, j'ai délaissé la photographie (et les avions) pendant plusieurs années. Et je suis retourné à mes premières amours juste en même temps que la photographie numérique grand-public.